L'escalier de l'IA a six marches. Sur laquelle sont vos équipes ?

Avant de fixer des règles, il faut savoir ce qui tourne déjà chez vous. L'escalier à six marches donne un langage commun pour le dire, et pour choisir la première marche à attaquer.

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L'escalier de l'IA a six marches. Sur laquelle sont vos équipes ?

Texte d'aperçu : Près de trois responsables sur dix ont découvert, déjà en service chez eux, des programmes d'IA dont ils ignoraient l'existence. Avant les règles, un inventaire.

Avant de fixer des règles, il faut savoir ce qui tourne déjà chez vous. L'escalier à six marches donne un langage commun pour le dire, et pour choisir la première marche à attaquer.

Des programmes d'IA que personne n'avait déclarés

Le 20 octobre 2026, ServiceNow, un éditeur de logiciels, a publié une enquête menée par Phronesis Partners auprès de plus de 3 700 responsables informatiques et sécurité. Elle compte 29 % de répondants qui ont trouvé, déjà en service dans leur entreprise, des agents qu'ils ne connaissaient pas. L'enquête est bizarrement commandée par un éditeur qui vend justement ... des outils de contrôle. Le chiffre reste néanmoins une alerte utile.

Un agent est un programme d'IA qui exécute plusieurs tâches à la place d'un salarié : lire un document, mettre à jour un outil, préparer une réponse. Quand personne ne sait lesquels existent, il n'y a aucun contrôle. Il y a de la chance. La gouvernance, c'est justement cela : les règles et les responsables qui encadrent un usage.

Six marches, trois familles

Je propose de voir l'IA en entreprise comme un escalier de six marches. Il se lit en trois familles : discuter, déléguer, réinventer.

  1. Le chat à chacun pour soi. Chaque salarié se sert de son propre compte. Exemple : mon commercial rédige ses mails avec son abonnement personnel.
  2. Le chat choisi. L'entreprise fournit l'outil à tous.
  3. L'agent ponctuel. L'IA fait un travail une seule fois. Exemple : elle rédige un mail de relance.
  4. L'agent installé. Elle le fait tous les jours, sans qu'on le relance.
  5. L'agent d'équipe. Un workflow, c'est-à-dire une chaîne d'étapes répétée, est partagé par toute une équipe.
  6. Le métier réinventé. On redessine le travail lui-même.

Ce cadre vient de ma pratique, pas d'une étude. Aucune enquête ne le valide. Il sert à parler la même langue en comité de direction.

On ne saute pas de marche

La règle tient en une phrase. On ne saute pas de marche. Un agent d'équipe bâti sur des chats que personne n'a encadrés repose sur du sable.

Le piège inverse existe aussi : vouloir tout monter d'un coup. IBM a interrogé 3 221 dirigeants de grandes entreprises d'Europe, du Moyen-Orient et d'Afrique (Censuswide, 14 octobre 2026). Seuls 37 % trouvent que leurs règles sont prêtes pour des agents d'IA plus nombreux.

Commencer par un inventaire

Si je devais retenir une seule idée, ce serait celle-ci : un inventaire précède toute règle. On ne cadre pas ce qu'on ne voit pas... On ne délègue pas ce qu'on ne sait pas expliciter...

Un éditeur le dit d'ailleurs. ServiceNow a présenté le 15 octobre un « passeport » pour agents. C'est une carte d'identité qui dit qui est ce programme, à quoi il a accès et ce qu'il a le droit de faire. Il n'existe pas encore : l'éditeur l'annonce pour la fin de l'année. L'idée vaut pourtant sans l'outil : un agent doit avoir un nom, des accès limités et un propriétaire, comme un salarié, un manager.

Un exemple chiffré pour une PME

Imaginons une PME, sans cas réel derrière. Vous demandez à vos six responsables d'équipe : quels outils d'IA utilise votre équipe, et lesquels sont des IA personnelles ou gratuites ?

Supposons que le résultat soit le suivant. Sur 50 personnes, 28 se trouvent sur la marche 1, 14 sur la marche 2, 6 sur la marche 3 et 2 sur la marche 4. Aucune n'est au-dessus.

Que montre ce bilan ? Qu'il y a comme partout une hétérogénéité de pratiques et d'adoption de l'innovation. Que les plus avancés (innovateurs / early adopters) explorent les possibles et qu'il faut les accompagner... Que ceux qui sont en niveau 1 ont une appétence non supportée et non encadrée par l'entreprise et donc subie par l'entreprise avec une prise de risque sur des fuites de données.

La priorité est de sécuriser et soutenir la pratique de l'IA donc le passage de la marche 1 à la marche 2 : choisir l'outil de l'entreprise, écrire une charte AI d'entreprise validée par RH, CSE et salariés, et demander à chacun de basculer. En parallèle, je repère les plus avancés, ceux qui souhaitent pousser les curseurs le plus loin possible en évaluant le contexte de test afin de limiter les risques tout en permettant de valider les possibles.

La charte AI peut tenir en cinq lignes ou en cinq pages : les outils autorisés, les données interdites (clients, salariés, prix), qui valide un nouvel outil, qui répond aux questions, et la date de la prochaine revue.

Résultat attendu en trois mois : une marche de gagnée pour le gros de la troupe et des éclaireurs qui ont défriché les voies d'avenir, monté de premiers worklfows agentiques. D'un point de vue "change management", vouloir mieux en trois mois, c'est se raconter une histoire.

Questions à se poser

  • Sur quelle marche se trouve la majorité de vos équipes, et sur quoi vous fondez-vous pour le dire ?
  • Quels outils d'IA ont été choisis par l'entreprise, et lesquels par les salariés ?
  • Qui, chez vous, pourrait citer en une minute tous les agents qui tournent ?

À vous la parole : répondez à cet e-mail avec la marche où vous placez la majorité de vos équipes, et pourquoi. Je lis tout et je réponds.

Pour aller plus loin : l'accompagnement de gouvernance d'Unlockers dure trois mois. Il commence par un état des lieux des usages et des outils, installe une charte (vos règles écrites) et deux comités de décision, puis met en place les premiers indicateurs. Le comité de direction décide, nous préparons. Pour en parler, écrivez à contact@unlockers.ai.

Cette lettre n'est pas publique. Si on vous l'a transmise, abonnez-vous sur cette page pour recevoir la suivante.

Sources